Grand ménage de printemps : la PropTech dépoussière l’immobilier

La Tech est passée comme une vague déferlante sur tous les secteurs : FoodTech, mais encore GreenTech, AgriTech, TravelTech, HealthTech… et la liste n’est pas exhaustive. Voici que fleurissent maintenant moult startups qui prennent pour cible l’immobilier pour en bousculer les codes traditionnels : on vous dit tout sur la PropTech !

1. La PropTech : fake buzz VS real buzz ?

Le marché de la pierre (nommé aussi “Real Estate” en anglais) évoque en lui-même un marché statique, traditionnel et peu dynamique : l’immobilier, c’est un secteur “boring” qui est longtemps resté de marbre face au “tourbillon start-ups”. C’est un marché qui pourtant, aurait potentiellement à gagner énormément avec une dose d’innovation : d’ici 2015, plus de 75% de la population mondiale sera urbaine, et les villes doivent se transformer pour entrer en phase avec des enjeux écologiques, économiques et sociaux. Les attentes concernant l’habitat ont aussi changé : il doit être plus flexible, plus pratique, personnalisable et davantage sécurisé… Notre rapport à l’espace est en train de changer : les constructions doivent évoluer. Cependant, l’immobilier n’est certainement pas au pied du mur !

Au carrefour entre économie collaborative, économie numérique et FinTech : la PropTech pointe le bout de son nez…. De façon plus brutale. On entend tant parler d’elle depuis début 2018, qu’elle est pointée du doigt comme un énième “BuzzWord”. Mais derrière cette accusation, les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2017, les start-ups de l’immobilier ont levé plus de 80 000 euros* !

Déjà en 2015 alors que le terme de PropTech (ou alors Property Technology) n’était pas familier, c’est le thème de la Smart City qui donnait le coup d’envoi au MIPIM (Marché International des Professionnels de l’Immobilier) : les nouvelles technologies s’infiltraient alors peu à peu sur le marché de l’immobilier. Mais aujourd’hui, que ce soit au travers de la future loi Elan sur le logement ou du prochain MIPIM (cette fois-ci européen et qui se tiendra au Palais des Congrès en juin prochain), la PropTech suscite plus que jamais l’intérêt, et même l’excitation !

 

Si bien qu’elle ne concerne plus uniquement les start-ups, mais attire aussi de grands groupes qui misent sur des petites structures prometteuses pour éviter de se faire court-circuiter : pour exemple, Saint-Gobain le géant du bâtiment, se lie à Mon Maitre Carré, une marketplace de mise en relation entre particuliers et architectes.

La PropTech s’étend donc à des marchés aussi divers que variés pour “rénover l’immobilier” : acquisition immobilière, gestion de patrimoine, location, construction… Parallèllement, de nouveaux concepts bluffants émergent : les nouvelles technologies sont au service de l’expérience client afin de la remettre au cœur de processus. Certains parlent même d’immoblier 3.0 !

Parmi ces innovations ?

  • Le BIM, à savoir le Building Information Modeling. Il s’agit de permettre aux acteurs d’un projet de travailler autour d’une maquette virtuelle. Plus que cela, Souheil Soubra, directeur du CSGTB explique qu’il s’agit d’un processus de collecte, de partage et de gestion de l’information sur l’ensemble du cycle de vie du bâtiment. La maquette est enrichie et mise à jour régulièrement.
  • Home Staging Virtuel. Le relooking n’a pas attendu Stephane Plaza pour convaincre ! Depuis les années 1970, le Home Staging permettait de valoriser la vente d’un bien…. Mais c’est une solution qui peut s’avérer onéreuse ! Aujourd’hui, le Home Staging virtuel permet de reconstituer numériquement une décoration à partir de plan et de photos. Des plateformes comme Rhinov proposent entre autres, ce service. Il est également possible pour les particuliers de le faire eux-mêmes grâce à des outils comme SketchUp.
  • La Géolocalisation 3D : souhaitée par 90% des utilisateurs, la géolocalisation permet, lors d’une recherche d’espace, de naviguer dans le quartier pour en découvrir les services (pharmacie, boulangerie etc…)
  • La Visite virtuelle, comme le propose Habiteo.
  • La Réalité augmentée : quoi de mieux de pouvoir visiter un espace sans bouger de l’agence immobilière ? Grace à un casque de réalité augmentée, les clients peuvent se projeter de manière réaliste dans des appartements, maisons…

2. Débroussailler la jungle de la PropTech

Parce que l’immobilier représente des activités et des réalités très différentes, il reste difficile de catégoriser les acteurs de la Proptech. Différentes classifications peuvent malgré cela, être distinguées : Bâtiment/Habitat, Innovation physique/ Innovation digitale… Il est aussi possible de découper la Proptech selon ces segments :

  • L’immobilier Smart (Smart Real Estate) : faciliter les opérations et le management de biens immobiliers…

Les acteurs de ce secteur s’attachent à la conception, la construction et la supervision du bâtiment (comme OWWI de Bouygues immobilier qui lancent des logements 100% évolutifs, dont les cloisons sont amovibles… Ou encore Hublo, par le même groupe, qui permet l’affichage virtuel d’information sur les chantiers). D’autres acteurs innovent en matière de matériaux et d’énergie (Glowee lance une nouvelle manière d’éclairer) ou encore d’habitat connecté (Uzer est un guide intelligent pour mieux trier, Somfy propose des solutions domotiques pour la maison comme la serrure connectée)

  • L’immobilier FinTech (Real Estate FinTech) : faciliter le commerce de biens immobiliers de propriétaires….

Le financement ou l’accès à la propriété sont revisités. Alors que Wiseed adapte le crowdfunding à l’immobilier pour permettre au public d’investir dans des projets immobiliers, Homeleo propose des chasseurs de bien pour aider les recherches des particuliers. On voit aussi apparaître des plateformes de courtiers en ligne (NetAcheteur) ou d’outils pour les agences immobilières (Flatsy permet de gérer plus efficacement les mails, échanges téléphoniques etc… des professionnels du secteur).

  • L’économie du partage : les acteurs ont pour but de faciliter l’utilisation de bien immobiliers…

On y retrouve des marketplaces comme Mon Maître Carré (mise en relation entre architectes et particuliers) ou des marketplaces d’avis sur des espaces loués (Happyrenting). Aussi, s’y positionnent des acteurs de services à la location comme la conciergerie LuckeyHomes ou des acteurs communautaires. Par exemple, Pinql est une application de rencontres entre particuliers. De son côté, Mon Super voisin permet la mise en place d’un réseau d’entraide entre voisins.

3. PropTech et l’immobilier de bureaux

Si dans la PropTech on parle souvent d’habitat et de bâtiment, les espaces professionnels ne sont pas les derniers à se voir transformés par ces innovations : pour cause, avec plus de 50 millions de mètres carrés, le parc des bureaux d’IDF est le plus grand d’Europe ! Et si la loi Elan programme de transformer certains de ces espaces de travail en logement, comment ne pas penser à l’inverse ?

Des marketplaces, comme OfficeRiders, permettent aux particuliers de louer leur appartement, maison, loft etc… pour des usages professionnels en recyclant ainsi des espaces sous-utilisés. Grâce aux nouvelles technologies, c’est la notion même d’espace privé ou d’espace de travail qui est chamboulée : le travail change et l’immobilier du travail avec ! En témoignent les cafés de coworking qui sont à la fois des espaces de rencontres, de convivialité et de travail.

Les grands groupes de l’immobilier se lancent eux aussi dans l’aménagement de nouveaux espaces de travail : toujours alerte aux innovations, le groupe Bouygues se positionne comme un géant des espaces de coworking avec pas moins de 6 lieux totalement dédiés au futur du travail. Même école pour Regus qui lance Spaces. Ils concurrencent alors les piliers de ce secteur comme WeWork ou Kwerk qui offrent des formules au mois.

D’autres start-ups mettent la technologie au service de la qualité de vie au travail : SilentSpace maîtrise le bruit ambiant des open spaces, GreenMe mesure la qualité de l’air dans l’environnement de travail…

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