Quand votre collègue mène une double vie !

 Freelances, indépendants, entrepreneurs… Ils attirent toute l’attention. Et pourtant, d’autres méritent aussi d’être sous le feu des projecteurs. Les Slashers, vous connaissez ? Petit groupe de 4 millions de personnes en France, ces professionnels polyvalents ont plus d’une corde à leur arc et combinent plus d’un emploi. Votre collègue est peut-être barman la nuit, votre professeur de chinois doubleur de films et votre comptable un garagiste passionné : point sur le phénomène en 4 slashs !

1. Génération Y / Génération X

L’étudiante qui enchaîne la fac avec le baby-sitting, le jeune actif qui travaille de nuit pour garder la tête hors de l’eau, le cadre en reconversion, le cinquantenaire qui rêve de monter son projet depuis toujours… Le phénomène des slashers est intergénérationnel : il concerne tout le monde et intéresse tout le monde.

Pour les seniors, il s’agit d’un bon tremplin pour tester l’entreprenariat ou pour se convertir. Mais se sont surtout les jeunes de moins de 30 ans (22%*) qui adoptent plus facilement ce mouvement de pluri-activité, facilité par l’essor des nouvelles technologies et des sites collaboratifs : cela leur va à ravir, eux qui ont appris à mener plusieurs actions de front ! Ce sont les informaticiens et les intégrateurs qui sont au premier rang. On retrouve ensuite des graphistes et illustrateurs, puis des communicants et marketeux.

Si le phénomène est hétérogène, il semble mieux aller aux femmes. Selon le philosophe Serge Guérin, sont habituées à être “une sorte de couteau suisse social’ en étant femmes, mères, et professionnelles.

 

2. Emploi de choix / Emploi subi

Avec un marché de l’emploi à fleur de peau, on pourrait croire que la grande majorité des slashers auraient adopté ce mode de vie par contrainte. Dans beaucoup de domaines tertiaires dont la situation est souvent précaire ou alors lorsque le temps partiel est imposé, la première motivation reste effectivement celle d’augmenter ses revenus. Mais parfois, la volonté d’éviter une routine mortelle “métro-boulot-dodo” se fait sentir. A 70%, les slashers affirment choisir leur statut.

Par exemple Delphine, 28 ans, combine sa passion pour les fleurs et cocktails depuis maintenant 3 ans. Pour elle, les deux jobs sont indissociables et elle prend autant de plaisir à marier parfums et couleurs dans les bouquets que dans les tumblers.

Pour Henri, être slasher lui permet trouver plus de flexibilité pour s’accorder avec l’emploi du temps de son épouse, hôtesse de l’air long courrier. Il jongle entre plaquiste et infirmier afin de trouver du temps pour ses deux enfants en affirmant : “cette situation lui permet de s’épanouir au-delà d’une activité salariée plus classique”.

 

A 70%, les slashers affirment choisir leur statut

A 70%, les slashers affirment choisir leur statut

3. Pluriactif / hyperactif

Comment les slashers gèrent-ils leur vie ? Il s’agit d’un véritable management du temps pour que tous les rouages s’imbriquent comme il faut.

Philippine partage avec nous ses impressions entre deux rendez-vous. Elle est fondatrice de la start-up de production audiovisuelle KLAP N PLAY, actrice, coach sportive, ambassadrice d’un projet de construction d’école en Afrique sur lequel elle réalise aussi un documentaire :

“Ce qui est certain, c’est que vivre de cette façon requiert deux choses : de l’organisation et du dynamisme. La première est essentielle. Ça demande de savoir gérer son temps et d’avoir recours à des outils ou techniques de gestion. Je lis et regarde des contenus sur le sujet. Je suis aussi avide de conseils de mes amis entrepreneurs qui sont dans un cas similaire. Le reste c’est une histoire d’habitude. Plus le temps passe moins on a besoin d’outils car on créé des automatismes. Le dynamisme : pour moi le sport est essentiel pour tenir.”

Selon la jeune entrepreneuse, il est possible de mener plusieurs projets sans que certains fassent de l’ombre à d’autres :

“Est-ce que la plupart des gens passent réellement 100% de leur temps à leur travail ? Ils ont leur temps récréatif (…) et il est humain d’avoir parfois une baisse d’attention ou besoin de souffler un peu. Or, quand on mène plusieurs projets en parallèle on peut passer d’une activité à l’autre dans ces moments-là. Donc il n’y a pas de perte de temps. Juste une meilleure allocation de celui-ci.”

Les pluri-actifs sont donc un peu super-actif sur les bords : ils ont un rythme à 100km/h, la hantise de l’ennui. Ils vivent intensément et adoptent la philosophie du “je veux tout”. Un mode de vie cependant difficile à supporter lorsqu’il n’est pas choisi.

 

Philippine lors d’un tournage, chez l’un des hôtes OfficeRiders

Philippine lors d’un tournage, chez l’un des hôtes OfficeRiders

4. Tendance de fond / tendance de mode

Dans l’ouvrage Cumuler les jobs, un métier d’avenir, Dennis Pennel s’exprime : “Ce qu’on vit en ce moment est plus une révolution du travail, qu’une crise de l’emploi”.

D’un côté, nous avons une population qui travaille de plus en plus longtemps. De l’autre, des jeunes qui souhaitent ne jamais voir la couleur du plein-emploi ou de la retraite. Ce sont eux qui mettent le plaisir au cœur de leurs préoccupations. Cumuler les jobs, c’est s’assurer indépendance, flexibilité et plaisir. Le CDI ne représente plus ce Saint-Graal de l’emploi et le salariat ne fait plus rêver.

Beaucoup d’acteurs s’engagent alors à cultiver ces changements. MisterTemp’ est une jeune pousse qui s’attaque à l’agence d’intérim pour en moderniser les codes : il réinvente le travail temporaire en digitalisant son processus pour y injecter flexibilité et rapidité. Les slashers peuvent avoir accès à un service leur proposant des missions variées. Cependant, certaines personnes souhaiteraient que le marché français s’ouvre d’avantage à cette variété de profils, de compétences qui ne demandent qu’à s’exprimer à travers différents jobs.

Rencontrez des profils variés en adoptant le coworking avec OfficeRiders.

Loading Likes...