Chief Happiness Officer, élu profil de l’année 2017 ?

Coqueluche des médias, idoles des stagiaires, sauveurs des employés : le Chief Happiness Officer (aussi nommé CHO)est la nouvelle figure cool du monde du travail. Faire du quotidien un arc-en-ciel de paillettes, et rendre heureux tout le monde : cela résume bien sa fiche de poste !

Et pourtant, comme tout engouement, il reste controversé. Pointé du doigt comme un “animateur de grands enfants”, un “appât à talents” tout le monde ne l’adopte pas. Olivier Toussaint du Club des CHO et Amélie Motte de la Fabrique Spinoza nous éclairent sur la VRAIE fonction du Chief Happiness Officer en 4 points.

Devise du Chief Happiness Officer

1. Le Chief Happiness Officer : tous pour un et un pour tous

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le phénomène du “Chief Happiness Officer” est la définition même d’un coup de comm’ réussi. Le terme un peu old school de “responsable de la qualité de travail” existait déjà depuis une bonne dizaine d’années, mais avec une étiquette un peu plus sexy, le C.H.O séduit entreprises et salariés. Feel good manager, Culture manager, Workplace manager…Les appellations fleurissent de toutes parts pour adopter son responsable du bonheur personnalisé. Olivier Toussaint du club des CHO explique :

“ Peu importe la terminologie : elles révèlent juste un désir de lâcher prise, et une volonté d’innover qui naît dans les start-ups mais qui se propage aussi dans des structures plus grandes. L’important, c’est qu’il y est finalement une corrélation entre le fond, c’est à dire les problématiques de bonheur au travail, et la forme (le terme même de CHO) qui suscite la curiosité.”

Mais le C.H.O n’est pas une fin en soit. Souvent, diffuseur de bonheur est aussi une casquette portée par un responsable RH (à 30% dans la communauté du club des CHO), un CEO (15%), ou un responsable de la communication interne (20%). Pour s’attaquer au bonheur, il s’agit surtout d’un état d’esprit plus que d’un poste, y attacher une nom précis ne doit pas freiner les initiatives de tous.

Pourtant, même avec un bon lifting ou un intérêt grandissant, le responsable du bonheur est encore une fonction peu valorisée. En effet, en 2016 on recensait 60 offres d’emploi, dont 40% des postes tenus par des stagiaires. S’il y a une vraie demande, les boîtes ,elles, ne mesurent pas encore l’importance de cette fonction ou peuvent être effrayées par un concept qui fait polémique.

2. C.H.O, un véritable caméléon

Organiser des afterworks, commander une table de ping-pong, respirer la bonne humeur…. Présenté comme ça, le poste de C.H.O ressemble plus à un profil d’animateur de colonie qu’à un vrai métier. Et pourtant, lorsqu’on s’y penche d’un peu plus près, on découvre un métier multi-facettes.

Amélie Motte de la Fabrique Spinoza indique qu’il est possible de dégager 3 autres fonctions du Chief Happiness Officer, outre celle de la convivialité :

  • S’assurer de la fluidité de la communication interne et se positionner en tant qu‘agent de l’information
  • Incarner la partie “humaine” des RH, qui bien souvent perd de vue cette dimension du métier au profit de l’administratif. Le C.H.O peut être par exemple amené à prendre en charge le “onboarding” avec l’accueil des nouvelles recrues.
  • S’attaquer à la transformation de l’entreprise, réfléchir à l’organisation et aux processus globaux, penser à lier une dimension responsable et solidaire au management

Finalement, le poste de C.H.O est un poste caméléon qui se modèlera selon les structures. Il s’agira de s’adapter en fonction des objectifs et des valeurs de l’entreprise, des besoins des collaborateurs… Pour l’humain, il n’y a pas de modèle.

 

Equipe heureuse

La team Tigex en ride OfficeRiders

3. Chief Happiness Officer : poste, fonction ou mission ?

Quelles perspectives professionnelles peut-on attendre lorsque l’on est C.H.O ? “Pas tellement”, commente Olivier Toussaint… Selon lui, il doit plus être perçu comme un métier “éphémère” et de transition dans une structure. Son but premier est de sensibiliser les collaborateurs pour leur insuffler des pratiques de bien-être sur le long terme. Amélie Motte explique “Le rôle des C.H.O’ c’est aussi de bouger les managers !”

De ce fait, on voit des articles qui s’indignent : “les Happiness Officers ne remplaceront pas les styles de management défaillant !”. Effectivement, avoir un Happiness Officer dans son entreprise, ce n’est pas espérer que le bonheur vienne s’y installer sans rien faire tout en espérant une liste de chiffre faramineuse : 20% de productivité en plus, 30% d’absentéisme en moins…

 

Equipe qui joue au babyfoot

Ride d’Allianz avec OfficeRiders

“L’entreprise, via le CHO qui en est le chef d’orchestre, doit mettre en place un terreau suffisamment fertile pour permettre aux intelligences humaines de se développer, notamment l’intelligence émotionnelle et la créativité, qui sont au cœur même de l’innovation. Olivier Toussaint

Et là, s’ouvre la fenêtre de l’intelligence émotionnelle.

4. Plus que du bonheur : un enjeu social

Pour le cofondateur du club des CHO, l’émergence de tous les mouvements qui gravitent autour du bonheur et des Chief Happiness Officer est révélateur d’un profond bouleversement de notre société. La montée de l’intelligence artificielle va venir chambouler nos métiers :

“ Lorsque l’on sait que 80% des tâches accomplies en entreprises sont répétitives. Il y a une vraie nécessitée pour les employés de trouver un moyen de développer d’autres compétences afin de rester compétitif. Pour contrer l’I.A., cela se joue sur les émotions positives.”

Les Happiness Officers répondent donc à un enjeu court terme qui est celui du bien-être, et à un enjeu long terme qui s’attache à repenser la place de l’être humain dans l’entreprise de demain.

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